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Les Six Fours Anciens Légendaires de la Céramique Japonaise

Une rue célèbre de Tokoname bordée de céramiques de style Tokoname

 Mais que sont donc ces six fours anciens légendaires ? Laissez-nous vous emmener à travers l’histoire du Japon et l’art de la céramique.

HISTOIRE DES SIX FOURS ANCIENS

Les « six fours anciens » sont un terme japonais qui désigne six fours de poterie réputés, tous originaires du Japon. Un four est une sorte de fourneau utilisé dans différents savoir-faire artisanaux : sa température élevée permet par exemple de durcir l’argile. Les fours servent depuis des millénaires à transformer des objets en argile en poteries, en tuiles et en briques.

Le terme a été proposé en 1948 par un historien de la céramique, Fujio Koyama. Issus de différentes régions du Japon, ces fours ont chacun leur style propre. Les six fours anciens ont été désignés « Japan Heritage » (patrimoine du Japon) en 2017.

Carte du Japon indiquant l’emplacement des six fours anciens 

Shigaraki (信楽)

Bizen (備前)

Tanba (丹波)

Echizen (越前)

Seto (瀬戸)

Tokoname (常滑) 

  

Mais qu’est-ce qui rend ces fours uniques ?

Aujourd’hui encore, chaque région reste spécialisée dans le type de poterie de son four, fort de plus de 1 000 ans d’histoire et de patrimoine culturel.

Certaines techniques de poterie remontent même à la période préhistorique Jōmon (vers 14 000 à 300 av. J.-C.) et se sont transmises jusqu’à nos jours. L’âge d’or de la production s’étend de l’époque de Heian à l’époque Azuchi-Momoyama.

L’époque de Heian (794-1185) correspond au Moyen Âge en Europe et à une partie des dynasties Tang et Song en Chine.
L’époque Azuchi-Momoyama s’étend de 1573 à 1603. Elle correspond à la fin de la Renaissance et au début de l’époque moderne en Europe, ainsi qu’à une partie de la dynastie Ming en Chine.

L’originalité des six fours anciens du Japon tient à leur technique entièrement japonaise, contrairement aux fours plus récents de Hagi, Karatsu, Arita, Takatori et Satsuma, influencés par les techniques chinoises et coréennes. 

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Ces six styles japonais ont posé les fondations de l’industrie céramique nationale, chacun avec ses spécificités.

Bol de Tokoname aux couleurs sombres et profondes, avec une touche de gris-bleu
  • Tokoname (常滑) : situé dans la préfecture d’Aichi, c’est le plus grand centre de production des six. Il a aussi inspiré d’autres styles. Le style Tokoname utilise une argile riche en fer, qui lui donne des couleurs profondes et une grande solidité. Les fours traditionnels de Tokoname produisaient de grandes jarres et cruches selon une méthode sans émail appelée « yakishime ». Il est réputé pour ses pots à bonsaï durables et de grande qualité.(Voir notre collection)
Bol brun-rouge aux rayures plus claires
  • Bizen (備前) : la céramique de Bizen trouve ses racines dans la céramique Sue, une poterie sans émail produite pour la première fois dans l’ouest du Japon au Ve siècle. La céramique de Bizen est connue pour sa dureté, sa couleur brun-rouge et l’absence d’émail : elle repose sur la glaçure naturelle de cendre qui se forme pendant la cuisson. Elle est originaire de la préfecture d’Okayama, et sa production commerciale a débuté à la fin du XIIe siècle. 
Céramique de Seto, blanche à rayures bleues
  • Seto (瀬戸) : la céramique de Seto s’inspire de la céramique médiévale de Sanage, une tradition originaire d’Aichi. Elle se caractérise par une belle surface blanche émaillée, proche du céladon et de la porcelaine blanche chinois. Elle est aussi connue pour sa grande variété d’émaux et de formes. Depuis ses débuts jusqu’à aujourd’hui, la céramique de Seto s’est adaptée aux besoins de chaque époque et à l’évolution des modes de vie. La poterie et la céramique de Seto sont si célèbres au Japon que le mot générique japonais pour désigner la céramique est « setomono », qui signifie littéralement « objets de Seto ». Sa production commerciale a débuté à la fin du XIIe siècle.
Assiette d’Echizen au motif en spirale
  • Echizen (越前) : connue pour sa robustesse et son esthétique sobre et sans émail, elle s’inspire du style ancien de Tokoname. La céramique d’Echizen est apparue dans la préfecture de Fukui au XIIIe siècle. Sa pâte très dense, au grain fin et très résistante, permet un modelage délicat.
Vase de Tamba, blanc avec une touche de beige
  • Tanba (丹波) : elle est apparue vers le XIIe ou le XIIIe siècle peu après Echizen, dans la préfecture de Hyogo. La céramique de Tamba ne s’est jamais limitée à une technique ou à un procédé particulier. Elle a au contraire su s’adapter aux exigences de chaque époque. La céramique de Tamba a une signature très particulière : une finition remarquable, avec une glaçure naturelle lumineuse issue de la cendre déposée pendant la cuisson.
Pot de Shigaraki, base brun foncé et émail blanc au-dessus
  • Shigaraki (信楽) : elle est apparue à la même période que Tanba, peu après Echizen, dans la préfecture de Shiga.  La céramique de Shigaraki est célèbre pour son argile grossière et sableuse, qui lui donne une texture et un aspect uniques. Les pots sont laissés sans émail ou très peu émaillés afin de mettre en valeur la beauté naturelle de l’argile. (Voir notre collection)

Les six fours anciens ont tous profité d’une argile de grande qualité disponible près de leurs sites de production. Aujourd’hui encore, cette production reste un artisanat traditionnel florissant dans chaque région. Ces six centres de poterie anciens se sont adaptés à la demande moderne chacun à leur manière, tout en préservant leurs racines et leurs savoir-faire traditionnels. 

Mais ces fours ne comptent pas seulement au Japon : ils occupent aussi une place importante dans l’histoire mondiale de la céramique.

Découvrez notre collection, héritière d’une culture et d’un savoir-faire séculaires !

Pour en savoir plus, lisez ces articles : 
Vol. 7 : comment choisir un pot à bonsaï ?
Vol. 23 : les soins du bonsaï en 2023, le bilan de l’année

 

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